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samedi, 26 mai 2007
Pendant la campagne la lutte continue…
Pendant la campagne la lutte continue…
Les dattes Micazar.. . Tout le monde connaissait à Marseille ; à la frontière des vieux quartiers populaires et des cités des quartiers Nord, aujourd’hui à la frontière entre la zone franche chargée de « revivifier » ces quartiers désindustrialisés et la zone où le terrain est cher et les opérations immobilières rapportent beaucoup !
Les dattes, tout le monde y a travaillé ou souhaité travailler comme saisonnier, les étudiants comme les jeunes du quartier.
Evidemment depuis le nouveau capitalisme « financier », la boite a été vendue, rachetée, elle a changé de nom, le siège social est parti à Vitrolles, mais la maison mère a son siège à Casseneuil dans le Lot et Garonne où elle fait essentiellement des pruneaux ; le fils de l’ancien propriétaire est devenu co-directeur. Pendant tout ce temps les travailleurs sont restés : même les « saisonniers fidélisés », qui sont surtout des saisonnières du quartier, qui font 4 à 5 mois de travail intensif, puis attendent avec le RMI la saison prochaine.
Bien sûr la productivité a augmenté et le nombre de permanents a diminué, avec des coupes prudentes : 6 ou 9 licenciements tous les un ou deux ans, jamais plus de 10 pour ne pas avoir de Plan Social. Il reste une vingtaine de permanents sur Marseille, une cinquantaine sur Vitrolles, mais c’est plus de 150 personnes qui travaillent pendant la saison !
Quand la zone franche s’installe à sa porte, le patron décide de liquider le site de Marseille ; il prend toutes les précautions : fait adopter en CE la fermeture du site pour fin avril, annonce au personnel de Vitrolles que personne ne sera touché et prévoit des reclassements des permanents de Marseille sur Vitrolles : 6 propositions ont été faites individuellement, évidemment avec des pertes de salaires « puisque ce n’est pas sur les même postes », pour les autres on leur parle du Lot et Garonne, les saisonniers sont « oubliés ».
Le 26 mars, les salariés de Marseille n’accepte pas d’être mis devant cette situation, ils décident que puisque la boite continue à faire des bénéfices, ils ne se contenteront pas de ces miettes. Ils se mettent en grève et occupent l’usine, remettent en cause les conclusions du CE en TGI, et refusent le referendum pour ou contre la grève que le patron essaie d’imposer.
Sur la fermeture du site, les salariés perdront deux fois : à Agen et à Marseille, mais ils vont exiger un supplément pour les primes de licenciement, et le maintien d’un plan de formation qui inclut la formation des saisonniers ; plus des compensations de salaire pour les jours de grève, et le refus de toutes sanctions contre les délégués.
Après 3 semaines de grève, le 11 avril, le patron refuse toujours de négocier mais l’ambiance dans la boite est exemplaire : le personnel est soudé, 100% de grévistes et même la maîtrise est présente tous les jours au barbecue de midi pris en commun, les saisonniers viennent tous les jours participer à la grève. Lorsque le patron envoie un huissier de choc, provocant et méprisant, qui essaie de « négocier » individuellement les conditions de la reprise par dessus la tête des délégués, il se heurtera à ce mur. La solidarité s’organise avec les politiques du quartier. Malgré la faiblesse du site de Vitrolles qui n’aura même pas fait un jour de grève, alors que le PSE de la boite les concerne aussi, le patron va céder devant la détermination du conflit.
Hier, ils ont signé sur leurs propositions, aujourd’hui ils ont repris le travail pour 3 semaines… le temps de finir le stock de dattes qui sont dans les frigos. Il restera à se battre pour que l’usine ne soit pas transformée en résidence de luxe, et pour conserver du travail, saisonnier et industriel, dans ces quartiers nord de Marseille, avant qu’ils ne deviennent des ghettos.
Babette Johsua
20:50 Publié dans Du côté des luttes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

