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mardi, 22 janvier 2008

Marseille : le PCF rejoint le PS et sa crise s’approfondit

Paru dans "Rouge" (hébdomadaire de la LCR)

Correspondant
17 janvier 2008


29a8aa88f4587d27bf7c1478312c8ae4.jpgLes choix de la direction du Parti communiste à Marseille sont révélateurs de la confusion politique qui règne dans ce parti, avec une partie de plus en plus importante des militants qui rue dans les brancards.
A Marseille, la tête de file socialiste, Jean-Noël Guérini, a fait très fort. À commencer par le débauchage individuel réussi de la quasi-totalité des élus PCF sortants (dont la totalité des « communistes unitaires », les premiers donc à rallier Guérini, dure leçon de choses). Ceci s’est accompagné du refus parallèle des « discussions d’appareil » avec le PCF. Puis, par le choix d’un membre du bureau national de l’UMP (exclu depuis) comme tête de liste dans un des secteurs municipaux de la ville. La personnalité même de Guérini est particulière : soutien de la première heure de Royal, il a une réputation antisociale solidement ancrée dans la gauche marseillaise

Malgré tout ceci, la ligne défendue par la direction du PCF n’a jamais varié : union de toute la gauche pour battre le maire sortant, Jean-Claude Gaudin. Mais le refus du PS de permettre au PCF de sauver la face était de trop. Surtout au regard de la réaction parmi les militants, déjà plus que réticents à cette ligne de démission et de plus en plus enclins à l’unité avec la LCR et la liste anticapitaliste et antilibérale « Marseille contre-attaque à gauche ». La dynamique de cette liste de rassemblement large ne pouvant plus être ignorée, le PCF a d’emblée exclu de partir seul. La direction a même ouvert des discussions avec elle et envisagé un ralliement si, décidément, le PS maintenait sa position méprisante.

Mais la ligne politique de fond est restée la même, et ceci s’ajoutant aux menaces de rétorsion socialistes sur les villes communistes du département, les velléités de révolte ont fait long feu. La direction a donc proposé au vote des adhérents un choix entre rejoindre le PS ou la liste alternative, tout en soutenant le premier choix au nom de la nécessité de défaire la droite. Près de 20% des votes se sont tout de même portés sur le second choix. Ce qui, dans une ville où les néfastes traditions sectaires contre « les gauchistes » sont légendaires, est tout simplement historique.

Mais l’affaire n’est pas close. Les militants mesurent le désastre de soutenir une campagne où ne figure aucune tête de liste communiste, mais où un UMP est confirmé dans ce rôle, et ils appréhendent l’union à venir avec le Modem, clairement revendiquée par Guérini… au lendemain du référendum communiste. Il est d’ores et déjà acquis que nombre de militants voteront pour la gauche anticapitaliste, et il se joue une partie importante en ce moment pour savoir combien d’entre eux franchiront le pas pour rejoindre ses listes. En tout état de cause, la sanction politique est déjà terrible : le PCF marseillais, tous courants confondus, a abdiqué le restant de dignité qui lui restait. Oscillant entre tristesse, colère, résignation et mobilisation, les militants se débattent dans une crise qui apparaît sans issue, sauf celle, de plus en plus présente dans les débats, du nouveau parti proposé sans relâche par la LCR.

Correspondant
* Paru dans Rouge n° 2235 du 17 janvier 2008.

 
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